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Pour une remise à plat concertée et démocratique de nos modes de vie

La poursuite de la croissance du niveau de vie des plus aisés d’entre nous n’est pas compatible avec les contraintes énergétiques et climatiques. Même avec beaucoup d’optimisme technologique, et au-delà du consensus de façade sur l’importance de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables, il n’y a pas de réponse sérieuse à la crise qui nous guette sans une remise à plat concertée et démocratique de nos modes de vie et du concept de croissance.


Page publiée en ligne le 22 décembre 2010
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Pour une remise à plat concertée et démocratique de nos modes de vie (Benjamin Dessus)
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POUR UNE REMISE À PLAT CONCERTÉE ET DÉMOCRATIQUE
DE NOS MODES DE VIE

Benjamin Dessus
Intervention dans le cadre du bicentenaire du corps des Mines (*), jeudi 23 septembre 2010

(*) À l’occasion du bicentenaire du corps des Mines, cinq colloques ont été organisés pour « raviver la mémoire de ces deux siècles d’action au service de l’État, et tracer des perspectives d’avenir autour de quelques grandes problématiques relevant de son champ de compétences. » Coordonné par Claude Mandil, ancien directeur exécutif de l’Agence Internationale de l’Énergie, le colloque prospectif « Quels équilibres énergétiques en 2050 ? » s’est tenu le 23 septembre 2010 au Centre de conférences Pierre Mendès-France du Ministère de l’économie, de l’industrie et de l’emploi. Benjamin Dessus, président de Global Chance, figurait en tant qu’expert au nombre des intervenants.


Devant le défi climatique et celui que pose aujourd’hui un accès équitable aux services énergétiques pour l’ensemble des habitants d’une planète qui en comptera très probablement 9 milliards en 2050 de quel genre de réponses disposons nous ? Avant d’aborder la question en comparant des scénarios contrastés je voudrais évoquer rapidement la question démographique.

Puisque la consommation d’énergie mondiale est historiquement étroitement corrélée à la quantité d’humains sur la planète, le contrôle de la croissance de cette population apparaît a priori comme un levier efficace de régulation de cette consommation d’énergie. Mais en terme d’efficacité, il faut avoir conscience que, par exemple, l’empreinte énergétique d’une vie aux Etats-Unis est 12 fois plus importante que celle d’une vie en Inde et 35 fois celle d’une vie au Sahel, si l’on tient compte des différences d’espérance de vie. Cela veut dire par exemple qu’une politique conduisant à une stabilisation de la population américaine à sa valeur actuelle entraînerait en 2050 des économies d’énergie suffisantes pour compenser l’augmentation des dépenses énergétiques attribuables au double effet d’une forte croissance de la population africaine et de sa croissance économique sur la même période. C’est sur la base de ce genre de constat qu’Yves Cochet, par exemple, propose de réduire les aides aux familles nombreuses en France avant d’aller conseiller aux pays pauvres des politiques volontaristes de contrôle démographique. Reste que dans les pays européens par exemple, une politique de limitation de la population par un ralentissement des naissances se heurte à la question de son vieillissement. Il faudrait donc s’intéresser aux relations entre immigration, fécondité et consommation d’énergie, questions taboues s’il en est en France ces temps-ci. Oublions donc pour le moment cette piste, pour examiner celles qui ont actuellement plus de crédit auprès des gouvernements à travers les scénarios les plus en vue.

J’ai le sentiment que ces scénarios, comme ceux de l’AIE, reposent pour la plupart sur deux postulats implicites :
• Puisque le CO2 apparaît comme de très loin le premier responsable du réchauffement climatique, c’est la question énergétique qui constitue l’essentiel de la problématique du climat.
• Comme il est impensable pour les « gens sérieux » de remettre en cause les objectifs de croissance économique, même dans les pays riches, ni notre mode de vie, sans qu’on sache très bien à qui se réfère le « notre », et que la relation de cette croissance avec la consommation d’énergie reste déterminante (même si on peut l’atténuer par des efforts d’économie d’énergie), la seule voie réaliste réside dans la substitution d’énergies non-pétrolières au pétrole et non-carbonées aux énergies fossiles, autrement dit la croissance verte.

1. Examinons d’abord l’équation « Émissions de gaz à effet de serre = énergies fossiles » qui a acquis force de loi en une dizaine d’années. Très vite en effet on a assimilé « teq CO2 » et « t CO2 ». Et puis on a un peu oublié que les émissions de CO2 mondiales ne proviennent qu’en partie de la combustion des énergies fossiles, et que les autres GES, en particulier le méthane et le protoxyde d’azote, contribuent aussi à l’effet de serre. Finalement, les émissions de CO2 énergétiques ne comptent (à 100 ans) que pour 61 % du total du problème climatique.
Mais la nuisance d’autres gaz que le CO2 comme le méthane ne fait que se renforcer si, comme on le pense aujourd’hui, la question du réchauffement ne se pose plus seulement à 100 ans, mais à un horizon beaucoup plus proche de 20 ou 30 ans. Les émissions de méthane mondiales qui, à l’horizon 2110, comptent pour 15 % des émissions totales, comptent pour 33 % à l’horizon 2030 et le gaz carbonique émis en 2010 ne contribue donc plus que pour 45 % au réchauffement redouté. Il est donc tout à fait exagéré d’assimiler la question climatique à la seule question énergétique comme il serait tout à fait réducteur d’assimiler la question de l’énergie à la seule question du climat.

2. En ce qui concerne les questions de croissance, de modes de vie et de maîtrise de l’énergie, l’histoire des scénarios de prospective énergétique est très éclairante. Jusqu’à la fin des années 1980, les scénarios mondiaux imaginaient pour 2050 des consommations d’énergie mondiale trois à quatre fois supérieures à celle des années 1980. C’est d’ailleurs dans cette tradition que se situent la plupart des scénarios ultérieurs. Une exception avec le scénario de Goldenberg en 1986 qui pour la première fois envisageait une décroissance significative de la consommation des pays riches dès 2020.
En 1990, en continuité du travail de Goldemberg, F. Pharabod et moi-même avons élaboré au CNRS un scénario, NOE, en adoptant une approche normative de deux problèmes d’environnement globaux : limiter les émissions de gaz carbonique en 2060 aux quantités que la biosphère terrestre est censée pouvoir absorber annuellement et stopper avant 2100 la croissance de la masse de déchets nucléaires à longue durée de vie à entreposer définitivement sur la planète. Résultat : 11,2 Gtep en 2060 avec un profond rééquilibrage Nord-Sud, puisque les habitants du Nord voyaient leur consommation énergétique annuelle par tête divisée par 2,5 et celle des habitants du Sud doubler. Ce rééquilibrage reposait sur plusieurs hypothèses. D’une part, une forte amélioration de l’efficacité énergétique dans les pays riches se traduisant par une diminution de 2 à 2,5 % par an de l’intensité énergétique du PIB, baisse qui n’a rien de déraisonnable quand on sait qu’il s’agit de l’objectif fixé par la loi française à compter de 2015. Mais aussi un ralentissement très net de la croissance dans ces pays (0,9 % par an) par rapport aux anticipations des scénarios CME qui maintenaient sur la période des croissances de 2 à 2,5 %/an. Malgré l’arrêt du nucléaire en 2060, les énergies fossiles ne comptaient plus que pour 55 % dans le bilan énergétique primaire en 2060 contre plus de 80 % en 1985. C’était donc l’image d’un monde beaucoup plus sobre en énergie, beaucoup plus égalitaire, respectueux des normes environnementales choisies, remettant en question à la fois la fuite en avant technologique et la croissance minimale de l’ordre de 2 % par an considérée à l’époque par presque tout le monde comme définitivement indispensable aux pays riches.
À la fin des années 1990 les travaux de prospective du GIEC, en imposant une vision normative des problèmes d’environnement global, ont conduit logiquement à des scénarios dont certains ressemblent fort au scénario NOE. La question de la « sobriété énergétique » y est reconnue comme la première condition de stabilisation des concentrations de GES à la fin du siècle.
C’est en 2006 que l’AIE a commencé à prendre en compte ces questions en cherchant à quelles conditions les scénarios prévisionnels qu’elle établissait traditionnellement pouvaient être infléchis pour respecter les recommandations du GIEC. En 2008, Energy Technology Perspectives examine l’importance relative d’une dizaine de programmes d’action pour faire chuter les émissions de près de 62 (Gt) de CO2 et une vingtaine de Gtonnes d’eq pétrole d’énergie fossile à 12 Gt de CO2 en 2050 par rapport au scénario prévisionnel précédemment établi (27 en 2005).
Ses conclusions confirment les anticipations des scénarios « sobres » élaborés vingt ans plus tôt : les actions de maîtrise de l’énergie y sont prépondérantes, avec 54 % du potentiel total de réduction des émissions. Le très vigoureux programme d’énergies renouvelables envisagé (celles-ci sont multipliées par 7) représente 21 % du potentiel de réduction. S’y ajoutent la généralisation massive dans l’ensemble du monde des technologies de captage et de stockage du CO2 (19 % de ce potentiel) et la relance du nucléaire mondial (6 %).

Globalement, le scénario NOE et le scénario de l’AIE dit « 450 ppm » donnent des résultats équivalents du point de vue du climat, mais ils divergent profondément sur trois points majeurs : le degré de confiance dans le progrès scientifique et technique, dans le dogme de la croissance économique comme élément incontournable de la survie des sociétés, y compris des plus riches, enfin dans l’aspect négociable ou non de « notre » mode de vie.
Le scénario 450 ppm de l’AIE fait d’abord le pari de découvertes continues de ressources de pétrole suffisantes pour assurer la pérennité d’une production supérieure à 4 300 Mtep en 2030 et de plus de 3 000 Mtep en 2050 contre 4 000 aujourd’hui, sans compter la production de 1 300 Mtep de carburants nouveaux. Il suppose aussi le lancement simultané d’un très grand programme de captage et de stockage du CO2, d’un vaste programme nucléaire mondial et d’un programme d’énergies renouvelables très ambitieux. Il cumule ainsi plusieurs paris : la pleine réussite technico-économique de technologies encore à l’état de prototype comme par exemple le captage et le stockage du CO2, une dynamique très rapide d’implantation de ces technologies, une acceptation sans faille de ces programmes par les diverses sociétés et enfin une très bonne synergie entre ces divers programmes qui souvent s’attaquent aux mêmes marchés. C’est évidemment problématique.
Le captage-stockage en sous-sol du CO2, supposé permettre l’élimination de 10 Gtonnes de CO2 en 2050, suppose l’adoption massive et rapide de cette technologie dans toutes les centrales à combustibles fossiles de taille suffisante qui fonctionnent en base et l’ensemble des cimenteries, mais surtout la possibilité de stockage de ce CO2 dans des nappes aquifères proches des lieux de production. Quand on sait que depuis 15 ans qu’on en parle aucun résultat de démonstration à échelle réellement industrielle du stockage en nappe aquifère n’est encore acquis, on voit que la dynamique nécessaire au stockage de 10 Gt CO2 est bien loin d’être au rendez-vous.
Pour le nucléaire, la relance que propose l’AIE conduit à rythme de construction sur la période 2020-2050 de l’ordre de 60 GW par an, soit une cinquantaine de réacteurs. Il implique l’élargissement de l’accès au nucléaire civil à une trentaine de nouveaux pays suffisamment peuplés et consommateurs d’électricité pour justifier le recours à cette technologie avec les risques d’accident et de prolifération que cela comporte. Mais surtout, il suppose, pour éviter la pénurie d’uranium 235 au-delà de 2040, de développer le recyclage du plutonium et de l’uranium issu du retraitement du combustible irradié et l’utilisation de ce plutonium au plus tôt dans des réacteurs, inexistants à ce jour, qui permettent de valoriser l’uranium 238 ou le thorium 232.
C’est donc un scénario qui implique pratiquement une obligation de réussite de la mise au point des réacteurs de la génération IV dans les 30 ans qui viennent et son corollaire, la généralisation au niveau mondial de filières nucléaires impliquant l’usage du plutonium, avec l’ensemble des risques que cela comporte, en particulier en termes de prolifération.
Les deux programmes précédents ont enfin en commun un très mauvais rendement énergétique. Le captage-stockage du carbone engendre des surconsommations de 20 % d’énergie et réduit d’autant le rendement de production d’électricité. La taille des unités et les précautions d’installation qui s’attachent au nucléaire rend pratiquement impossible l’utilisation de la chaleur perdue lors de la production d’électricité – 65 % de l’énergie produite, puisque le rendement des centrales nucléaires actuelles et prévues ne dépasse pas au mieux 35 % !
Ces deux programmes sont donc par essence même sources potentielles d’un vrai gaspillage d’énergie primaire, et c’est au prix d’un cumul d’hypothèses et de paris scientifiques, techniques, économiques et sociaux qui s’emboîtent que le scénario de l’AIE boucle son bilan.

Mais peut-on éviter ces paris ?

Premier constat : l’AIE ne remet pas en cause l’hypothèse d’une croissance économique encore significative des pays riches dans les 40 ans qui viennent autour de 2%. Dans ces conditions, la convergence des niveaux de vie vers celui des habitants des USA se situerait pour la Chine vers 2060 à des niveaux de l’ordre de 80 000 dollars par habitant, mais bien plus tard pour l’Inde ou l’Afrique et à des niveaux nettement supérieurs à 100 000 dollars.
Un scénario comme NOE entérine au contraire la nécessité de stopper la croissance économique des pays du Nord les plus riches (États-Unis, Europe), ce qui permet d’une part d’atteindre la convergence des niveaux de vie beaucoup plus tôt et à des niveaux nettement plus modestes et donc, au sein des pays riches de réaliser, à technologies inchangées, des économies d’énergie supplémentaires de l’ordre de 45 % en 2050 par rapport au scénario AIE.

Deuxième constat : Dans les scénarios de l’AIE, il n’est pas envisagé d’évolution significative des modes de vie actuels des pays riches, fondés en particulier sur la propriété de maisons individuelles de plus en plus vastes et éloignées des lieux d’activité, de véhicules particuliers de plus en plus nombreux et d’une mondialisation accrue des échanges. La préservation des habitudes, des modes de vie et d’organisation de la société y priment manifestement sur les questions de ressources et d’environnement. En gros « nos » modes de vie ne sont pas négociables.
A contrario, la remise à plat concertée et démocratique des modes de vie est au cœur des scénarios sobres type NOE. Dans ces scénarios, une attention toute particulière est consacrée aux infrastructures, habitat, urbanisme, transports, et à l’organisation de la production et des échanges : l’urbanisme extensif pavillonnaire n’est plus la règle, les collectivités locales favorisent un urbanisme plus concentré. Ils freinent ainsi la dérive des coûts collectifs d’investissement et de fonctionnement de l’extension des divers réseaux (transport, gaz, eau électricité) associé au « mitage » périurbain. La vitesse de transport individuelle, source de concurrence accrue des usages de l’espace et de discrimination financière, n’est plus systématiquement recherchée. C’est la notion de service de mobilité de l’ensemble de la population (transports en commun, co-voiturage, autopartage, etc.) plutôt que celle de propriété et de vitesse individuelle des véhicules qui domine avec comme priorité un accès globalement plus performant et plus égalitaire à la mobilité qu’aujourd’hui. Cette notion d’égalité d’accès est d’autant plus importante que l’explosion probable à moyen terme des coûts énergétiques risque d’interdire pratiquement dans quelques années l’accès des moyens les plus rapides et les plus confortables aux plus défavorisés.
De même, NOE suppose une réorganisation des circuits de production et de distribution des marchandises qui favorise la proximité et la décentralisation, décentralisation qui à son tour permet une implantation plus aisée des systèmes de production d’énergies renouvelables de proximité et laisse intacte la possibilité d’utiliser la chaleur inéluctablement générée par les centrales électriques.
Enfin, ce type de scénario met clairement à l’honneur la sobriété énergétique individuelle et collective.

Derrière ces images de « sortie de crise à 2050 » se profilent donc des trajectoires et des priorités bien différentes que masque une sorte de consensus de façade sur l’importance de la maîtrise de l’énergie et des énergies renouvelables. Pour les tenants de la croissance verte, c’est en fait la croissance qui reste intouchable, même pour les plus riches : au progrès technique de faire le reste. Pour ceux qui s’inquiètent des paris technologiques irréalistes, la sobriété des comportements est un élément indissociable de la maîtrise de l’énergie, à la fois pour réduire les inégalités les plus criantes et pour éviter « l’effet rebond » qu’engendrent les progrès d’efficacité énergétique. Pour les renouvelables, d’un côté, une vision « hors-sol » des renouvelables avec des projets du type Desertec et de l’autre, une conception des renouvelables beaucoup plus liée à l’organisation des territoires et à la satisfaction simultanée de besoins diversifiés (électricité, chaleur, carburants) défendue par les tenants des scénarios sobres qui en soulignent les conséquences positives en termes de réduction des pertes de transport, de réduction des coûts et de sécurité de fourniture.

Je voudrais dire un mot enfin concernant notre pays.
Aujourd’hui les émissions directes moyennes du seul CO2 énergétique atteignent 6,4 tonnes par habitant. Si on y ajoute le solde CO2 du commerce (140 Mt) et les autres GES (140) on atteint plus de 10 tonnes par habitant, avec une distribution qui dépend au premier chef de niveau de vie des individus : 17 tonnes eq CO2 pour le quintile le plus aisé, 6,4 pour le quintile le plus pauvre, un rapport 2,7 pour un rapport de richesse de 3,4. Et l’objectif 2050 se situe autour de 2 tonnes… Une division par trois pour les plus pauvres, une division par 8 ou 9 pour les plus riches ! On voit bien que sans une diminution forte de la consommation d’énergie, on n’a aucune chance d’y arriver même avec beaucoup de renouvelables et de nucléaire : il faudrait en 2050 avoir fait chuter la consommation de fossiles totale des français de plus de180 Mt (avec les importations et exportations de biens) à moins de 30 Mt.
Sans une volonté collective majeure de sobriété, d’efficacité et de solidarité, nous sommes donc mal partis. Mais si cette sobriété n’est pas d’abord pratiquée par les plus riches d’entre nous, comment convaincre les classes moyennes et les moins favorisées de nos sociétés riches de s’engager dans cette voie ? On voit bien aussi que cette diminution ne peut pas se faire sans des contraintes fortes sur les plus aisés et ce pour deux raisons : d’abord parce que les 20% les plus riches (dont nous sommes tous dans cette salle) consomment près de 3 fois plus que les 20% les plus pauvres et ensuite parce que ces 20% servent de modèle de consommation aux 80% restants.
La poursuite de la croissance du niveau de vie des plus aisés d’entre nous me paraît donc en forte contradiction avec l’objectif 2 tCO2/hab, vu la très forte corrélation entre niveau de vie et consommation d’énergie qu’on observe dans notre pays. Je n’irai pas plus loin sur ce thème de la décroissance qui mériterait un vrai débat, mais cela veut dire en tout cas, me semble-t-il, qu’il faut que nous intégrions rapidement dans nos réflexions la mise en place d’une panoplie de moyens réglementaires ou incitatifs non linéaires, du genre impôt progressif sur le revenu, qui rende très dissuasives les surconsommations d’énergie ou de CO2.
On a commencé à le faire modestement avec le bonus malus sur les voitures. Mais quand on sait par exemple qu’aujourd’hui, pour un particulier, le coût total au kWh de l’électricité diminue quand la consommation augmente, on voit qu’il reste du chemin à parcourir.

En conclusion, il me semble que même avec beaucoup d’optimisme technologique, il n’y a pas de réponse sérieuse à la crise qui nous guette sans une remise à plat concertée et démocratique de concepts comme la croissance ou les modes de vie.

Benjamin Dessus
Président de Global Chance

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