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Quelle place pour le nucléaire dans le mix énergétique mondial du vingt et unième siècle ?

Alors que la poursuite du nucléaire est inutile dans les scénarios de transition type NOE ou Négawatt, son triplement avant 2050 dans les scénarios type AIE se heurte à des difficultés importantes et nous expose à la probabilité non négligeable d’un ou plusieurs accidents majeurs, tout en n’apportant pas de contribution significative à la solution du problème climatique.

Benjamin Dessus, intervention dans le cadre du colloque « Le risque nucléaire et la décision publique » organisé par le GRECHEC à l’École Normale Supérieure de Paris, lundi 14 novembre 2011


Sur cette page :
Extraits et téléchargement de l’intervention du président de Global Chance
Présentation et programme du colloque « Le risque nucléaire et la décision publique »
À découvrir également sur le site (publications et dossiers thématiques)

QUELLE PLACE POUR LE NUCLÉAIRE
DANS LE MIX ÉNERGÉTIQUE MONDIAL DU VINGT ET UNIÈME SIÈCLE ?


(extraits et téléchargement)

Pour essayer d’éclairer cette question, on se propose d’analyser des scénarios contrastés. Et d’abord les scénarios « main stream » comme ceux de l’AIE. Ce type de scénario repose sur deux postulats implicites :
• Puisque le CO2 apparaît comme de très loin le premier responsable du réchauffement climatique, c’est la question énergétique qui constitue l’essentiel de la problématique du climat.
• Comme il est impensable pour des « gens sérieux » de remettre en cause la croissance économique, même dans les pays riches, ni nos modes de vie, et que la relation du niveau de vie avec la consommation d’énergie reste déterminante (même si on peut l’atténuer par des efforts d’économie d’énergie), la seule voie réaliste réside dans la substitution d’énergies non-pétrolières au pétrole et non-carbonées aux énergies fossiles, autrement dit la croissance verte.

[...]

Des résultats proches du point de vue des GES mais des stratégies contrastées

Globalement, le scénario NOE et le scénario de l’AIE dit « 450 ppm » donnent des résultats équivalents du point de vue du climat. Mais ils divergent profondément sur trois points majeurs : le degré de confiance dans le progrès scientifique et technique, dans le dogme de la croissance économique comme élément incontournable de la survie des sociétés, y compris des plus riches, enfin dans l’aspect négociable ou non de « notre » mode de vie.

Le scénario 450 ppm de l’AIE par exemple suppose le lancement simultané d’un très grand programme de captage stockage du CO2, d’un vaste programme nucléaire mondial et d’un programme d’énergies renouvelables très ambitieux. [...] C’est donc au prix d’un cumul de paris scientifiques, techniques, économiques et sociaux qui s’emboîtent que le scénario de l’AIE boucle son bilan.

[...]

Derrière ces images de « sortie de crise » se profilent donc des priorités bien différentes que masque une sorte de consensus de façade sur l’importance de la maîtrise de l’énergie. Pour les tenants de la croissance verte, c’est en fait la croissance qui reste intouchable, même pour les plus riches : au progrès technique de faire le reste. Pour ceux qui s’inquiètent des paris technologiques irréalistes, la sobriété des comportements est un élément indissociable de la maîtrise de l’énergie, à la fois pour réduire les inégalités les plus criantes et pour éviter « l’effet rebond » qu’engendrent les progrès d’efficacité énergétique.

Et le nucléaire dans tout cela ?

[...]

On va examiner successivement les points suivants :
• Les coûts futurs
• Le marché mondial
• Les émissions évitées
• Les ressources en uranium et les réacteurs du futur ?
• La fusion

[...]

Éléments de conclusion

L’analyse précédente montre :

• Que la poursuite du nucléaire est inutile dans les scénarios de transition du type NOE ou Négawatt qui refusent les paris technologiques.

• Que dans les scénarios type AIE, le triplement du nucléaire avant 2050 se heurte à des difficultés importantes de marché sans apporter de contribution significative à la solution du problème climatique. Ce triplement impose par contre de passer à la génération 4 non encore démontrée et de s’engager sur le long terme dans une civilisation du plutonium avec de nouveaux risques.

• Que l’incertitude sur les coûts futurs de la filière sont bien supérieurs à ceux de la maîtrise de l’électricité ou des renouvelables et rejoignent ceux sur les énergies fossiles.

L’analyse montre aussi qu’en cas de poursuite et croissance du nucléaire de fission, la probabilité d’un ou plusieurs accidents majeurs dans les 30 ans qui viennent est loin d’être négligeable.

Dans ces conditions il faut se demander sérieusement si le « jeu vaut la chandelle ».

Benjamin Dessus, président de Global Chance

Télécharger le texte intégral de l’intervention (8 pages - pdf, 520 Ko)

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COLLOQUE : « LE RISQUE NUCLÉAIRE ET LA DÉCISION PUBLIQUE »

La question de la sûreté de l’industrie nucléaire a trouvé en 2011 une nouvelle actualité avec la catastrophe de Fukushima. Cette question mène rapidement à d’autres, plus générales et plus fondamentales : celles de la construction des décisions publiques en situation d’incertitude dans nos démocraties et du rôle qu’y jouent l’expertise technique et la recherche scientifique.

Afin de contribuer à la réflexion sur ces questions, Reza Lahidji et Philippe Mongin, chercheurs au GREGHEC , ont organisé les 14, 15 et 16 novembre 2011 un colloque scientifique sur le thème « le risque nucléaire et la décision publique », avec le soutien du laboratoire, du Groupement d’intérêt scientifique « Sciences de la décision » et de l’Institut de la Radioprotection et de la Sûreté Nucléaire.

Le colloque se donnait pour objectif d’instaurer un dialogue entre théoriciens de la décision et du choix social, économistes, praticiens de la sûreté nucléaire, régulateurs et décideurs publics autour d’une question centrale :

« Les outils théoriques permettent-ils de rendre compte du problème des choix collectifs de façon satisfaisante dans un cas comme celui de la sûreté nucléaire, et doivent-ils guider les décisions publiques ? »

Le colloque a été ouvert par M. Laurent Michel, délégué aux risques majeurs, et a comporté douze sessions thématiques où chercheurs, praticiens et décideurs se sont succédé à la tribune.

Télécharger le programme du colloque (pdf, 770 Ko)

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À DÉCOUVRIR ÉGALEMENT SUR LE SITE DE GLOBAL CHANCE

(encadrés : résumés au survol)

Publications de Global Chance et ses membres
Les Dossiers de Global-Chance.org

Énergie, Environnement, Développement, Démocratie :
changer de paradigme pour résoudre la quadrature du cercle

Global Chance, mai 2011

Publications

En finir avec le nucléaire. Pourquoi et comment
Benjamin Dessus et Bernard Laponche, Édition du Seuil, Collection Sciences, octobre 2011, 176 p.

Manifeste négaWatt : réussir la transition énergétique
Thierry Salomon, Marc Jedliczka et Yves Marignac, Association négaWatt / Éditions Actes Sud, janvier 2012, 376 p.

L’énergie et les présidentielles : décrypter rapports et scénarios
Les Cahiers de Global Chance, n°31, mars 2012

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