À LA UNE
Enfin disponibles, 12 anciens numéros des Cahiers de Global Chance !
Si la revue existe depuis 1992, seuls les numéros 15 et suivants étaient jusqu’à présent proposés en téléchargement, car les fichiers de la période 1992-2001 n’étaient pas disponibles à la création du site en 2008. Cette lacune est désormais comblée.
Le compteur et la jauge
Réflexions croisées sur l’empreinte écologique et la notion de soutenabilité, pour dépasser les logiques de rentabilité à court terme incompatibles avec les dynamiques de long terme des équilibres écologiques et dénoncer l’illusion de la “croissance verte”.
Entre silence et mensonge. Le nucléaire, de la raison d’état au recyclage « écologique »
« Il y a le problème du nucléaire lui-même, de ce qu’il est, de ses risques, et il y a le problème des gens qui s’en occupent. » Un entretien-fleuve de Bernard Laponche avec Charlotte Nordmann, publié par La Revue internationale des Livres et des idées (n°14, nov-déc 2009).
Allègre attaque en justice !
Suite à la parution dans Politis, le 18 juin 2009, d’une tribune intitulée « Claude Allègre : question d’éthique », l’hebdomadaire dirigé par Denis Sieffert et les signataires de cette tribune (dont Benjamin Dessus, président de Global Chance) sont attaqués en diffamation. Une pétition en ligne a été mise en place pour les soutenir.
Du gâchis à l’intelligence. Le bon usage de l’électricité
Fruit amer de l’idéologie productiviste, le système électro-nucléaire à la française est techniquement, économiquement, environnementalement et socialement dépassé. Pour en sortir, un vrai débat collectif sur « le bon usage de l’électricité » s’impose. Coédité avec l’association négaWatt, ce 27ème numéro des Cahiers de Global Chance se veut une contribution à ce débat nécessaire.
Une médecine d’urgence pour le climat
Pour répondre au défi de l’horizon 2020, jugé crucial par le GIEC, il faut reconnaître enfin à sa juste valeur l’importance du méthane dans la lutte contre le réchauffement climatique à court et moyen terme et jeter sans attendre les bases d’un vaste programme international et coopératif de réduction des émissions de ce gaz.
Dix-huit ans de négociations sur le climat
Depuis le Sommet de la Terre à Rio en 1992, le changement climatique est chaque année à l’ordre du jour des grands de ce monde. Pour quel résultat ? À l’approche de Copenhague, il n’est pas inutile de faire sans faux-semblants ni langue de bois le bilan d’un processus dont le premier ‘acquis’, à savoir le protocole de Kyoto, est un « échec politique ».
Le vieillissement des installations nucléaires : un processus mal maîtrisé et insuffisamment encadré
À l’image d’EDF pour Fessenheim, de nombreux exploitants souhaitent prolonger la durée de vie des centrales. Une perspective rendue hasardeuse par de nombreux facteurs : manque de retour d’expérience, déficit de conception et de connaissances, processus complexes mais critiques, mesures correctrices limitées...
Petit mémento énergétique de l’Union européenne
4ème numéro hors-série des Cahiers de Global Chance, ce mémento propose aux acteurs soucieux de comprendre et agir une approche à la fois synthétique, pédagogique et critique des enjeux energétiques européens.
La France alerte l’Union européenne sur le méthane
Réuni à Bruxelles le 2 mars, le Conseil des ministres de l’environnement de l’Union européenne a été appelé par la France à prendre conscience de « l’importance particulière d’une action concertée sur le méthane à court terme (2010, 2020) afin de limiter le réchauffement d’ici 2050 et éviter de franchir des seuils irréversibles ».
Vers la sortie de route ? Les transports face aux défis de l’énergie et du climat
Étroitement lié à la logique du système économique et énergétique actuel, le modèle du "toujours plus loin, toujours plus vite" est dans l’impasse. Pour relever ce défi, il nous faut repenser transports et mobilité(s), mais aussi nous interroger sur notre rapport au temps et à l’espace.
Nuclear power, the great illusion. Promises, setbacks and threats
A fact-based critical analysis for European decision-makers and citizens, so as to shed a more realistic light on the great illusion of a nuclear ‘earthly paradise’ that France is trying to impose on its European partners.
Nucléaire : la grande illusion. Promesses, déboires et menaces
À travers une analyse critique factuelle et argumentée de l’expérience et du discours français sur le nucléaire, ce 25ème numéro des Cahiers de Global Chance inscrit dans une perspective plus réaliste l’illusion « du paradis nucléaire sur terre ».
Nous ne pouvons plus nous payer de mots
Face à l’urgence d’un risque climatique majeur à court terme, ce n’est pas de discours sur les vertus du marché et les utopies technologiques dont nous avons besoin, mais de politiques sérieuses, solidaires, pérennes et volontaires dans chaque pays. Dans 10 ou 20 ans, il sera trop tard.
Prospective et enjeux énergétiques mondiaux : un nouveau paradigme
Pour sortir de l’impasse du développement énergétique actuel, une stratégie alternative doit être mise en œuvre, basée sur une approche systémique et privilégiant la notion de service énergétique.
Effet de serre : n’oublions pas le méthane !
La lutte contre le réchauffement climatique ne doit pas se limiter à la réduction des émissions de dioxyde de carbone. L’impact du méthane, autre gaz à effet de serre, est crucial. Or, les calculs qui le prennent en compte sont discutables.
Petit mémento des énergies renouvelables
3ème numéro hors-série des Cahiers de Global Chance, ce mémento permet de se faire une idée argumentée et objective du rôle que pourraient jouer les énergies renouvelables dans le paysage énergétique futur de la France, de l’Europe et du Monde.
GLOBAL-CHANCE

Une taxe inadaptée

Benjamin Dessus, Politis, n°1067, semaine du 10 au 16 septembre 2009

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La « taxe carbone » a le tort de ne pas prendre en compte la production d’électricité. C’est la consommation finale de tous les produits énergétiques qui devrait être taxée.

La cacophonie la plus complète règne à propos de la « taxe carbone » proposée par le rapport Rocard !

Indépendamment des nombreuses questions que pose sa place dans la politique fiscale de la France, les déclarations démagogiques, les annonces contradictoires sur son montant initial et son assiette, les protestations des collectivités locales, des consommateurs et des syndicats devant les inégalités qu’elle risque de renforcer font que personne n’y comprend plus rien. Revenons donc à l’origine de cette affaire.

Dans l’esprit du Grenelle de l’environnement, l’institution d’une « contribution climat énergie » poursuivait plusieurs buts : réduire la consommation des combustibles fossiles, largement responsables de l’augmentation de l’effet de serre et dont les réserves ne sont pas inépuisables, mais aussi rendre les consommateurs moins dépendants des différents produits énergétiques, dont on peut anticiper à court et moyen termes une forte hausse de prix dans un contexte de raréfaction des ressources fossiles et fissiles, des territoires susceptibles d’être consacrés à des cultures énergétiques, à des centrales solaires, etc. Enfin, prendre en compte les nuisances auxquelles n’échappe aucun des moyens de production d’énergie (accidents majeurs, prolifération, matières dangereuses et déchets pour le nucléaire, dégâts à la biodiversité et concurrence avec les besoins alimentaires pour les plantations énergétiques, problèmes paysagers pour les éoliennes, déplacements de population et dégâts environnementaux pour les grands barrages, etc.).

Mais cette proposition initiale a dérivé vers une contribution purement axée sur le contenu en CO2. Les premiers bénéficiaires de cette dérive sont les producteurs d’électricité nucléaire, mais aussi les producteurs d’énergies renouvelables (électriques ou non).

François Fillon vient de sembler donner raison à EDF, qui repousse l’idée d’une taxation de l’électricité, au prétexte que 90% de sa production (nucléaire et hydraulique) ne produit pas de CO2 et que la part produite à partir de combustibles fossiles est déjà taxée à travers les quotas d’émissions. Pourtant, ce raisonnement repose sur plusieurs contrevérités :
• Il fait semblant de croire que le Grenelle de l’environnement ne s’est intéressé qu’à l’effet de serre à l’exclusion des autres effets négatifs d’environnement des différentes sources énergétiques.
• Il fait comme si la totalité de l’électricité distribuée en France était entièrement produite sur le territoire national et donc faiblement émettrice de CO2. Or, depuis la déréglementation du marché européen, les fournisseurs privilégient les sources délivrant le meilleur prix instantané sur le marché, qu’il s’agisse de nucléaire, de charbon ou de gaz.
• Il oublie de rappeler que d’autres producteurs d’énergie, comme l’industrie de transformation des produits pétroliers, sont soumis à des quotas d’émission de CO2, ce qui n’empêcherait pas l’application de la taxe en discussion sur les produits finaux, à la pompe. Pourquoi pas sur l’électricité, dès lors ?

Si l’on s’en tient aux principes qui guidaient le Grenelle de l’environnement, on voit bien qu’une taxation de l’électricité est tout à fait justifiée. En effet, devant l’augmentation du prix des combustibles fossiles engendrée par la taxe, le consommateur va se tourner vers l’électricité pour des usages non spécifiques, en particulier pour le chauffage domestique, plutôt que de se lancer dans des investissements d’économie d’énergie. Ces usages se traduiront par une augmentation du recours aux combustibles fossiles. On sait en effet, grâce à une étude de l’Agence de l’Environnement et de la Maîtrise de l’Energie (ADEME) et du gestionnaire du Réseau de transport de l’électricité (RTE), que le contenu en CO2 du kWh fourni au chauffage électrique des logements en France se situe autour de 500 g, bien plus qu’un chauffage au gaz (autour de 200 g) ou au fioul (de l’ordre de 300 g). Parce que la pointe d’hiver engendrée par le chauffage domestique fait appel à de l’électricité importée, qui dans les quinze à vingt ans qui viennent restera très émettrice de CO2 – charbon principalement, et gaz.

Par conséquent, en « oubliant » de taxer l’électricité, on fera semblant d’ignorer les effets externes négatifs du nucléaire, on oubliera de rappeler au consommateur qu’il serait bête de gaspiller l’électricité renouvelable, alors qu’elle restera durablement difficile à produire et présente aussi des inconvénients, même s’ils sont moindres. En plus, on contribuera à freiner les investissements de maîtrise de l’énergie tout en accélérant la contribution de l’électricité aux émissions de CO2… Une vraie politique de Gribouille, pour satisfaire un lobby toujours plus exigeant.

Toutes les études, y compris celles de l’Agence internationale de l’énergie (AIE), confirment que le meilleur moyen de réduire les émissions de CO2 et de renforcer la sécurité énergétique est la sobriété et l’efficacité énergétiques au niveau de la consommation finale. Si taxe il doit y avoir, elle doit porter en premier lieu sur la consommation finale de tous les produits énergétiques, dont évidemment l’électricité.

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