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Usines de retraitement des combustibles irradiés de La Hague et leurs problèmes

Rapport à la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la sûreté et la sécurité nucléaires

Le tendon d’Achille des projets industriels est souvent celui de la gestion des déchets produits : le sujet n’est traité qu’au moment où il devient un problème incontournable. Le nucléaire n’est pas épargné par cette dérive : ses responsables industriels ont longtemps montré leur désintérêt pour la gestion des déchets radioactifs, problème qui s’est hissé aujourd’hui au rang de l’une des préoccupations majeures du secteur. Seule la protection immédiate des travailleurs et de l’environnement était effet effet prise en compte dans la gestion des déchets, sans réflexion préalable sur la reprise et le conditionnement de ces déchets et encore moins sur les problèmes posés par leur stockage définitif... Des cas précis illustrent cette situation, notamment à La Hague, où certains problèmes majeurs sont laissés en l’état des dizaines d’années malgré les demandes puis les mises en demeure de l’ASN, le "gendarme du nucléaire". Ce à quoi s’ajoutent désormais le risque d’occlusion des piscines d’entreposage du combustible irradié, enjeu devenu central aujourd’hui pour EDF et La Hague, et la question de la réalité controversée du recyclage des matières nucléaire...


Sur cette page :
Jean-Claude Zerbib : Usines de retraitement des combustibles irradiés de La Hague et leurs problèmes
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USINES DE RETRAITEMENT DES COMBUSTIBLES IRRADIÉS DE LA HAGUE ET LEURS PROBLÈMES

Jean-Claude Zerbib, Rapport à la commission d’enquête de l’Assemblée nationale sur la sûreté et la sécurité nucléaires, jeudi 31 mai 2018

=> Ce rapport présente les activités des usines de retraitement des combustibles irradiés pour la production de plutonium de La Hague et les problèmes qu’elles rencontrent en termes de sûreté et de sécurité. Sont abordés d’une part les problèmes liés à l’entreposage des déchets radioactifs présents dans l’usine et à leur recyclage réel ou supposé, et, d’autre part, les risques présentées par l’activité de retraitement des combustibles irradiés elle-même, du fait notamment de la production de plutonium.

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Ci-dessous : Table des matières | Conclusions

Table des matières

1ère Partie : La source des problèmes
1. Le problème des déchets radioactifs
2. Réalité du recyclage des matières nucléaires
3. Les non-dits du retraitement des combustibles URE et MOX irradiés
4. La protection des installations contre les actes de malveillance

2ème Partie : Le retraitement et la gestion des matières nucléaires
1. Le retraitement des combustibles irradiés des réacteurs à eau légère à La Hague
2. Le retraitement de combustibles MOX irradiés
3. Le conditionnement des déchets de haute et moyenne activité
4. Bilan du recyclage de l’uranium du retraitement (URE)
5. Bilan du recyclage de plutonium dans les combustibles à oxyde mixte d’uranium et de plutonium (MOX)
6. Conclusions

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Conclusions

• Une pratique courante montre qu’à La Hague les déchets radioactifs sont uniquement entreposés de manière sûre, mais sans qu’il y ait au préalable une réflexion sur leur reprise future ni sur leur conditionnement en vue de leur stockage définitif. Le retour d’expérience tardif est inopérant et critique tant du point de vue des problèmes technologiques posés que de leurs impacts économiques.

• Des moyens plus coercitifs devraient être fournis à l’ASN pour imposer aux exploitants des mises en sûreté de situations devenues critiques du point de vue de la radioprotection des personnes et de l’environnement.

• Des expertises pluralistes, indépendantes et contradictoires, devraient être conduites pour évaluer la réalité du recyclage des matières nucléaires issues du retraitement des combustibles irradiés ainsi que la pertinence du recyclage de l’uranium du retraitement pour la fabrication de combustibles URE et celui de l’emploi du plutonium dans des combustibles MOX.

• Une étude sur les moyens techniques qui réduiraient la vulnérabilité de l’entreposage en piscine à La Hague devrait être conduite, dans la mesure où dans la situation actuelle de leurs charges en combustibles irradiés (elles renferment l’équivalent de 113 cœurs de réacteurs), la bunkérisation des piscines existantes n’est matériellement pas réalisable.

• La construction de nouvelles capacités d’entreposage devraient comparer les options industrielles disponibles que sont le stockage en piscine et l’entreposage à sec.

• La définition d’une politique claire de gestion des combustibles irradiés (retraitement / stockage en l’état) pour les prochaines décades à venir devient un besoin urgent avant même de définir le volume et le lieu d’implantation d’une extension des capacités d’entreposage françaises.

• L’utilisation future du plutonium repose sur la mise au point de réacteurs à neutrons rapides capables de mieux consommer ce combustible que ne le font les réacteurs à eau légère. Cependant, si ces réacteurs ne sont pas développés, il faut imaginer un "Plan B" pour le devenir de la cinquantaine de tonnes de plutonium entreposée à La Hague notamment.

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pour aller plus loin...
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Énergie, Environnement, Développement, Démocratie : changer de paradigme pour résoudre la quadrature du cercle (Manifeste publié en ligne le 1er mai 2014)

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