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Réchauffement climatique : « plus nous attendons, plus ce sera coûteux »

Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur la limitation du réchauffement climatique a été publié. Les scientifiques de ce groupement international d’experts sur le climat et les délégations des pays membres de cet organisme, placé sous l’égide des Nations unies, ont travaillé toute cette semaine à Berlin. Résultat : ce dimanche 13 avril, un texte synthétisant les principales pistes pour tenter de limiter le réchauffement climatique. Entretien avec Youba Sokona, ancien coordinateur du Centre africain de réglementation climatique et membre du GIEC.


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Youba Sokona : Réchauffement climatique : « plus nous attendons, plus ce sera coûteux »
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RÉCHAUFFEMENT CLIMATIQUE :
« PLUS NOUS ATTENDONS, PLUS CE SERA COÛTEUX »

Youba Sokona (interview), RFI, dimanche 13 avril 2014

Le rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) sur la limitation du réchauffement climatique a été publié. Les scientifiques de ce groupement international d’experts sur le climat et les délégations des pays membres de cet organisme, placé sous l’égide des Nations unies, ont travaillé toute cette semaine à Berlin. Résultat : ce dimanche 13 avril, un texte synthétisant les principales pistes pour tenter de limiter le réchauffement climatique. Entretien avec Youba Sokona, ancien coordinateur du Centre africain de réglementation climatique qu’il a quitté en 2013, et qui travaille actuellement au South Centre de Genève.

Vous avez participé aux travaux du GIEC toute cette semaine. Le rapport est énorme, 2 000 pages et vous en avez tiré une synthèse, un résumé pour les décideurs. Quels sont les points les plus saillants de ce rapport ?

En effet, notre rapport vient d’être adopté et ce rapport indique clairement que nous faisons face à un défi grandissant parce ce que, malgré un nombre de plus en plus important de politiques d’atténuation mises en œuvre ou en cours, les émissions continuent et continueront de croître si rien n’est fait. Et la température moyenne globale va augmenter suite à cet accroissement.

Un accroissement qui pourrait atteindre les 4° d’ici la fin du siècle…

Qui pourrait aller au-delà si rien n’est fait. Le rapport constate également que notre base de connaissance sur l’atténuation du changement climatique s’élargit de plus en plus. Il indique clairement qu’il est encore possible de limiter le réchauffement climatique à 2° par rapport à son niveau de l’ère pré industrielle. Les 2° ne sont pas du tout une indication du groupe, c’est une décision politique. Et si les politiques veulent maintenir le réchauffement à 2°, c’est encore possible. Mais cela imposera des défis technologiques, économiques et institutionnels colossaux.

Est-ce que ces défis ont un véritable coût ? Est-ce qu’on a pu quantifier la somme à dépenser pour éviter ce réchauffement climatique ?

C’est un peu compliqué de dire qu’on a pu évaluer. On a donné une indication parce qu’il y a différentes méthodes d’évaluations possibles de coûts. Ce que le rapport indique, c’est qu’il va y avoir un impact sur la croissance de l’ordre de 0,06% par an. Ça veut dire que si on a un taux de croissance de 3%, ce taux de croissance va être diminué de 0,06%.

Ce qui finalement semble assez peu au vu de l’enjeu ?

Ça semble peu au vu de l’enjeu, si on commence à agir dès maintenant. Plus on attend et plus on repousse la réduction importante des gaz à effet de serre, plus ça deviendra coûteux et très coûteux. Et il y aurait éventuellement une irréversibilité du phénomène.

Est-ce qu’on a des pistes précises pour éviter ce réchauffement climatique ? Il faut une transition vers les énergies renouvelables. C’est ça la piste principale ?

Ça fait partie de la piste principale. Il y a un paquet technologique concomitamment au changement de comportements. Les énergies renouvelables font partie du paquet technologique, la décarbonisation du secteur de l’électricité est une des priorités, l’aménagement du territoire, l’organisation des centres urbains. Il y a tout un paquet de technologies possibles potentiellement qui pourront nous permettre de le faire si les conditions adéquates sont mises en place pour leur déploiement massif.

Cette synthèse que vous avez remise aux dirigeants mondiaux, comment la reçoivent-ils ? Est-ce qu’ils prennent véritablement conscience du problème ? Est-ce que vous sentez une volonté politique générale pour se saisir de ce problème ?

De plus en plus, il y a une attention soutenue de la part des politiques à différents niveaux sur l’urgence de faire une action forte dans le sens de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. En parcourant les pays africains, je me rends compte que de plus en plus, dans le discours des décideurs politiques, le phénomène climatique apparaît. Il y a eu diverses rencontres et il y a l’élargissement également de la coopération internationale sur ce thème. Paris également avec la conférence en 2015.

Vous êtes optimiste pour cette prochaine conférence mondiale à Paris ?

On est optimiste dans la mesure où on a des pistes de solutions possibles. Mais il faut faire face à un certain nombre d’enjeux et ces enjeux en essayant de les circonscrire, ceci nous permettra de relever le défi du changement climatique.

Propos recueillis par Nicolas Brousse

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