UNE EXPERTISE INDÉPENDANTE
DANS LE DÉBAT SUR
LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE

À LA UNE
GLOBAL-CHANCE

Colloque « Science et démocratie »

Sur cette page :
Présentation et programme
(pour la version pdf d’origine c’est ici)
L’expert et le citoyen, couple conflictuel
(Noëlle Guillon, Politis, jeudi 25 novembre 2010)
Retour sur la trajectoire politique du changement climatique (extrait)
(Francis Chateauraynaud, Socio-informatique et argumentation, lundi 22 novembre 2010)

Sur le site de Politis : les meilleurs moments du colloque en vidéo



Présentation et programme du colloque

Où commence le débat d’opinion, et où finit-il ? Qu’est-ce qu’une vérité scientifique ? Comment les citoyens sont-ils informés ? Ce sont là quelques-unes des questions qui seront abordées au cours d’une journée de réflexion que nous vous proposons samedi 20 novembre, en présence de scientifiques, d’économistes, de parlementaires et de journalistes. En toile de fond, bien sûr, l’attaque de Claude Allègre contre notre journal à la suite d’une tribune publiée en juin 2009, et qui doit nous mener à un procès dont la date n’est pas encore fixée. Plusieurs signataires du texte incriminé seront présents le 20 novembre. Ce sera l’occasion pour eux d’élargir le débat à des questions de société. La controverse sur le climat, l’affaire des OGM, le rôle des lobbies industriels, la confusion entre science et scientisme, et d’autres thèmes d’actualité seront au centre de cette journée. Politis a déjà publié deux textes destinés à alimenter notre réflexion, avant ce colloque (1). D’autres paraîtront d’ici là. Nos lecteurs sont évidemment cordialement invités à prendre part à ces débats.

Denis Sieffert, Politis, jeudi 21 octobre 2010

(1) Voir « La science, Allègre et nous », par Jacques Testart (Politis, numéro 1118) et « La rationalité, une question d’opinion ? » par Benjamin Dessus (Politis, numéro 1122).

Un colloque organisé par Politis en partenariat avec Global Chance, la Fondation Sciences citoyennes et l’Association internationale des experts, techniciens et chercheurs.
Samedi 20 novembre, salle Jean-Dame, 17, rue Léopold-Bellan, 75002 Paris.

Programme

13h30 : Ouverture des portes.
13h45 : Introduction : Denis Sieffert, Politis.
14h : Accueil par Jacques Boutault, maire du 2ème arrondissement.
14h15 : 1ère table ronde : Production des savoirs et innovations.
Modérateur : Patrick Piro
• Qui dit la vérité ? Bernadette Bensaude-Vincent.
• Le climato-sceptique est-il un lanceur d’alerte ? Francis Chateauraynaud, sociologue, CNRS/EHESS.
• Recherche et intérêt public. Pierre-Henri Gouyon, Agro/MNHN.
16 h : 2ème table ronde : Médiatisation de la science et choix politiques.
Modératrice : Ingrid Merckx
• Le choix des thèmes et des experts dans les médias.
Edwy Plenel, Médiapart.
• L’information des élus. Marie-Christine Blandin, sénatrice du Nord, OPECST.
• Parler des sciences et des techniques : vulgarisation ou culture ? Ruth Stegassy, France Culture.
18 h : 3ème table ronde : Pouvoir des citoyens pour choisir leur avenir.
Modérateur : Claude-Marie Vadrot
• Indépendance de l’expertise et débat public. Benjamin Dessus, Global Chance.
• Comment savoir la vérité ? Comment choisir les innovations ? Jacques Testart, FSC.
• Mondialisation des actions et pouvoir des citoyens. Gus Massiah, Crid.

19h45 : Conclusions : Geneviève Azam, économiste, Attac.

(Présentation et programme, version pdf d’origine : ici)

(haut de page)



L’expert et le citoyen, couple conflictuel
Noëlle Guillon, Politis, jeudi 25 novembre 2010

Quelque deux cents personnes ont participé samedi à notre colloque « Science et démocratie »*, salle Jean-Dame à Paris. Des scientifiques, des politiques et des journalistes ont débattu des notions de vérité et de doute, et revendiqué une indépendance sans cesse menacée.

« Les climato-sceptiques sont-ils des lanceurs d’alerte ? » Rien de plus normal que d’ouvrir ce colloque « Science et démocratie » par cette interrogation à l’heure où les auteurs d’une tribune publiée en juin 2009 dans Politis viennent de recevoir une ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel dans l’affaire qui les oppose à Claude Allègre, chef de file médiatique des climato-sceptiques. Devant quelque deux cents personnes, le sociologue Francis Chateauraynaud, père du concept de « lanceur d’alerte », ouvre le bal. « Le lanceur d’alerte est celui qui apporte un élément nouveau, pour convaincre de ce que les autres ne voient pas. Il a l’éthique de passer la parole, puisque l’alerte doit être reprise et amplifiée. Alors que l’alerte est un processus qui construit une réalité, les climato-sceptiques, eux, déconstruisent, sans apporter d’éléments nouveaux au débat. Ce sont des négateurs qui tentent une contre-alerte sur l’alerte climat. » Une imposture qui a au moins le mérite de soulever le débat sur les limites et les dévoiements du doute.

« D’où part-on pour douter ? » interroge Francis Chateauraynaud, entraînant la salle sur les pas du philosophe Ludwig Wittgenstein, qui écrivait : « Les questions que nous posons et nos doutes reposent sur le fait que certaines propositions sont soustraites au doute – sont, pour ainsi dire, comme des gonds sur lesquels tournent nos questions et nos doutes. » L’économie du doute s’appuie sur un socle stable. C’est la condition même de la controverse, qui suppose de la part de chacun l’explicitation de ses appuis, ressorts et techniques. À l’inverse, la polémique dévoie la notion de doute pour anéantir toute certitude. Ce que Benjamin Dessus, président de l’association Global Chance, exprime autrement en fustigeant la confusion entre opinion et faits. « Un relativisme majeur est apparu. Tout comme les lois économiques qui ont été présentées comme scientifiquement rationnelles ont été ébranlées par la crise économique, on se retrouve dans une situation où toutes les certitudes scientifiques pourraient être négociables. » Y compris pour des motivations d’intérêts particuliers à exclure du champ d’application de la science. Car deux périls guettent la science et l’expertise : le poids des lobbies qui visent à faire douter de tout, et une certaine religion du progrès, ce « scientisme » qui ne doute de rien. Pour Pierre-Henri Gouyon, professeur au Muséum d’histoire naturelle, « il faut se souvenir que l’eugénisme était défendu par une majorité des scientifiques dans les années 1930. À l’époque, le progrès était considéré comme la seule valeur universelle. Aujourd’hui encore, la plupart des scientifiques n’interrogent pas assez leur pratique et sont convaincus d’œuvrer pour ce “progrès”. Il faut peut-être y voir aussi un manque d’éducation de la communauté scientifique. Face à moins de scientisme, il y aurait moins de gens qui se tourneraient vers l’irrationnel pour se rassurer. »

Les lobbies sont également dénoncés par Marie-Christine Blandin, sénatrice Verte du Nord : « Ayez en tête que 60 % du financement de la recherche sur les médicaments va au flaconnage et au marketing ! » Et la sénatrice, également membre de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques, d’égrener les sources d’information des élus en charge de l’orientation de la recherche publique : des agences publiques qui réagissent une fois les alertes passées, comme l’Inra avec la grippe A, et une part non négligeable d’industriels et de lobbies.

Et le citoyen dans tout cela ? Vers qui doit-il se tourner pour comprendre et se faire entendre ? Au-delà de la question des lanceurs d’alerte, se pose la notion d’expertise. « Dans tous les débats, faudrait-il des affrontements d’experts, pour et contre ? Il faudrait abandonner ce mythe de l’expert neutre », propose un journaliste dans la salle. Évacuer le mirage de l’objectivité ou de la symétrie à tout prix. Mettre face à face scientifiques et groupes minoritaires, climatologues et climato-sceptiques, est incongru quand l’honnêteté des motivations n’est pas au rendez-vous. Pour autant, personne n’est neutre. « On défend toujours quelque chose à partir de principes. Décliner ses principes, c’est cela, être indépendant », énonce Benjamin Dessus. « Il faut néanmoins en France une meilleure définition des experts. Dans certains domaines, cette indépendance n’existe pas. C’est le cas sur le nucléaire. »

La Fondation Sciences citoyennes propose pour sa part un projet de loi sur l’expertise. « Nous mettons en débat la création d’une haute autorité de l’expertise et de l’alerte, liée à des commissions particulières dans les entreprises. Une façon de mettre au jour les conflits d’intérêts », explique Jacques Testart, son président. L’enjeu est de taille, comme l’exprime un intervenant depuis la salle, quand « la sanction vient pour celui qui ne connaît, qui ne comprend pas la science », ou quand « il ne reste que la peur ». Dans cet apprentissage, les journalistes doivent jouer un rôle de médiation constructive. Ruth Stégassy, journaliste scientifique à France Culture, parle d’« une affaire de langue. Le langage scientifique décourage, éloigne. Il est bien souvent communicationnel et bloque la pensée ». Au-delà de la vulgarisation, terme de l’élite condescendante envers le peuple, la journaliste promeut la culture : « Il s’agit de percer la gangue du silence. » Edwy Plenel, fondateur de Mediapart, évoque la légitimation des vérités de fait évoquées par Francis Chateauraynaud. « L’info se fait puzzle autour duquel les opinions se construisent. J’y vois l’idée de vérité comme opposition politique. Laisser des imposteurs au cœur de l’espace public, c’est piétiner la démocratie. »

Et les portes ouvertes de l’espace démocratique sur la science pourraient être nombreuses. Jacques Testart défend l’idée de « conventions de citoyens ». Des consultations bien encadrées de citoyens formés au pluralisme des approches. Francis Chateauraynaud et Edwy Plenel exaltent la force d’Internet. « Générateur d’appropriation, d’apprentissage collectif en même temps qu’obligation de responsabilisation de la communauté scientifique », pour l’un, « troisième révolution industrielle », pour l’autre. L’expertise distribuée, laissant place au surgissement de nouveaux acteurs, pourrait être en marche. À l’échelle mondiale ? C’est ce qu’espère Gus Massiah, du Crid. « Les Forums sociaux mondiaux remettent en cause le cours de la science dans son rapport à l’universel ». Parce que les scientifiques s’en déchargent, il revient aux citoyens de poser les deux questions fondamentales : « Si ça marche, quelles seront les conséquences ? », « Faut-il le faire parce qu’on peut le faire ? » « Quand un paysan croise deux maïs, explique Pierre-Henri Gouyon, il sait qu’il va obtenir du maïs. Quand on met un gène de bactérie dans un maïs, on ne sait pas ce qu’on va obtenir. » Et de conclure que si le vrai et le faux appartiennent au champ de l’expérience scientifique, il ne faut confondre ces notions avec le Bien et le Mal. Face aux choix éthiques, il n’existe qu’une seule garantie, la démocratie.

En conclusion de ces six heures de débats, l’économiste Geneviève Azam, membre du conseil scientifique d’Attac, nous invite à repenser les sciences et la science : « La question du climat, en faisant de l’homme un agent géologique, a fait éclater la séparation entre sciences humaines et sciences naturelles. Il faut réinterroger la façon dont la science occidentale s’est vécue, dans la négation du monde éprouvé », conclut-elle.

N .B. : Tous ceux qui veulent d’autres échos de notre colloque trouveront sur notre site un résumé vidéo. Ceux qui voudront se procurer l’intégrale des débats devront patienter jusqu’au mois de janvier. Les Cahiers de Global Chance consacreront alors un numéro spécial à cette journée. Nous en reparlerons le moment venu.


(*) Le colloque de Politis était organisé en partenariat avec la Fondation Sciences citoyennes, Global Chance et l’Association internationale des techniciens et chercheurs (Aitec). Nous étions pour la circonstance les hôtes du maire Vert du 2ième arrondissement, Jacques Boutault, qui nous a accompagnés tout au long de nos travaux.

(haut de page)



Retour sur la trajectoire politique du changement climatique
Francis Chateauraynaud, Socio-informatique et argumentation, lundi 22 novembre 2010 (extrait – pour la version intégrale c’est ici)

Un colloque intitulé « Science et démocratie » s’est tenu à Paris le samedi 20 novembre 2010. Organisé par l’hebdomadaire Politis avec l’association Global Chance et la Fondation Sciences citoyennes, il était avant tout conçu comme une réponse à la procédure judiciaire ouverte par la plainte déposée par Claude Allègre pour « diffamation publique » suite à une tribune parue dans Politis le 18 juin 2009. Cette tribune, « Claude Allègre : question d’éthique », signée par plusieurs intervenants du colloque, était alors motivée par des rumeurs de nomination de l’ancien ministre, ancien directeur de l’Institut de Physique du Globe, Président du BRGM puis membre de l’académie des sciences, à un poste éminent par Nicolas Sarkozy. L’article rappelait un épisode marquant de la carrière du chef de file des climatosceptiques français, qui avait alors eu un conflit violent avec Haroun Tazieff, lors de l’éruption du volcan de la Soufrière à la Guadeloupe en 1976.

Contre les négateurs : une pragmatique des épreuves de vérité

J’avais déjà eu l’occasion de contribuer à des rencontres organisées par Sciences Citoyennes, notamment autour des lanceurs d’alerte, et pu débattre à plusieurs reprises avec Benjamin Dessus, fondateur et principal animateur de Global Chance, dont les cahiers en ligne sont une mine d’informations et de documentations sur les enjeux environnementaux et énergétiques planétaires. Lorsque j’ai reçu l’invitation à participer à ce colloque, j’ai accepté le principe d’un point de vue sociologique sur les modalités de passage de la controverse à la polémique et l’impact d’un tel changement de régime sur les processus de mobilisation collective. La logique de la controverse a toujours eu partie liée avec la tradition polémique, de sorte que les basculements entre débats sur les arguments, les faits et les méthodes d’un côté, et conflits de personnes, de groupes et de valeurs de l’autre, sont pour ainsi dire programmés par avance dans les cadres de l’argumentation publique (1). Mais ce n’est pas suffisant pour annuler toutes les épreuves de vérité auxquelles se livrent les acteurs, en considérant par exemple qu’il n’y a que des effets d’enrôlement et d’alignement, ou des règlements de compte entre réseaux d’influence et groupes de pression.

Je me suis dit que c’était aussi l’occasion de clarifier l’usage d’une catégorie rencontrée il y a quelques années dans un ouvrage de Bernard Williams : le négateur. Un des objets du livre de Williams, traduit en français sous le titre Vérité et véracité. Essai de généalogie (2) – est de distinguer clairement vérité et attitudes vis-à-vis de la vérité. Sa cible principale est Richard Rorty auquel il est reproché d’avoir, sous couvert de pragmatisme, engendré une nouvelle forme de relativisme. Or Rorty lui-même s’est efforcé de déconstruire le « relativisme » comme un spectre engendré de toutes pièces par la métaphysique (3). Pas question de rouvrir ici ce débat dont on trouve pas mal de traces dans des articles et des ouvrages de philosophie (4). Ce qui est sûr c’est que le pragmatisme tel qu’il est développé en sociologie implique une forme de réalisme, ne serait-ce que par la prise en compte des moments de vérité dans lesquels se forment les appuis tangibles dont ont besoin les acteurs pour agir ou clore leurs disputes (5). Le fait d’être attentif aux attitudes des locuteurs, aux marques épistémiques (« je crois que P » ou « tout porte à penser que P », etc.) ne signifie absolument pas un scepticisme radical quant à la possibilité de produire des faits et de pouvoir les recouper ou les fixer. Afin de désigner ceux qui refusent la possibilité même de la vérité, Williams explique qu’il a renoncé au terme de « sceptique », trop profondément enraciné dans la tradition philosophique et portant sur le doute sur la connaissance de la vérité, non sur la vérité elle-même, et à celui de « nihiliste » qui ne couvre pas le champ lexical de la vérité mais plutôt celui des valeurs et de la construction morale du monde. Williams propose d’utiliser plutôt le terme de « denier » – traduit par « négateur » en français, le traducteur ayant pris soin d’éviter le mot « négationniste ». Le négateur pour Williams est celui qui nie la possibilité intrinsèque de la vérité, faisant tout dépendre de l’attitude de l’agent vis-à-vis de la vérité, ce qui permet de débusquer derrière toute prétention à la vérité un intérêt, une utilité ou une doctrine.

C’est précisément ce qui est en jeu dans la manière dont s’est développée la remise en cause du consensus scientifique qui s’est formé à grand frais sur le réchauffement climatique d’origine anthropique. Ces dernières années, on a vu s’exprimer différentes sortes de « négateurs » dans le dossier du changement climatique. Dans le contexte francophone, le terme de « négateur » n’est apparu que récemment avec la poussée du « climatoscepticisme », mais dans le monde anglo-américain, l’équivalent anglais « deniers » est en circulation depuis plus longtemps (6). En langue française, le mot « négateur » est utilisé depuis le XIXème siècle, mais est assez peu présent dans les polémiques, ayant été jusqu’alors supplanté par « révisionniste » ou « négationniste ».

Un des points de discussion proposé par les organisateurs du colloque « Science et Démocratie » était la question du partage entre débat d’opinion et vérité scientifique. Si le titre qui m’avait été attribué présentait l’avantage d’être assez accrocheur « Le climatosceptique est-il un lanceur d’alerte ? », j’ai préféré rectifier quelque peu le tir une fois sur place, en l’intitulant : « Processus d’alerte, épreuves de vérité et controverses publiques. Pourquoi les climatosceptiques ne sont en aucun cas des lanceurs d’alerte ». De multiples restitutions des interventions et des débats sont prévues, du côté de Politis ou dans un des prochains cahiers de Global Chance, aussi je ne vais pas m’exercer à en faire un compte-rendu. C’est surtout une opportunité pour réfléchir à la manière d’attaquer le dossier du climat avec les outils socio-informatiques. En effet, paradoxalement, le climat fait partie des rares objets d’alerte et de controverse qui ne figure pas dans le répertoire des corpus étudiés ! Pour Dominique Bourg, c’est pourtant la première cause dans la hiérarchie des urgences affrontées par les sociétés humaines contemporaines, avec la biodiversité, qui entre dans un cycle d’interactions complexes avec les changements climatiques (7).

L’argument climatique au secours de la promesse nucléaire

En réalité le climat est présent dans nos affaires depuis pas mal de temps. Il surgit en effet de manière assez massive dans le corpus nucléaire puisqu’un des arguments majeurs utilisés depuis le milieu des années 1990 par les tenants de la relance du nucléaire est précisément la faible émission de gaz à effet de serre attribuée à l’industrie de l’atome. L’argument a donné lieu à un travail critique de déconstruction de la part des anti-nucléaires, qui n’ont évidemment pas pour objectif de relativiser pour autant la cause climatique. Je suis en passe de terminer sur ce point un article destiné à la revue A contrario. Intitulé « Sociologie argumentative et dynamique des controverses. L’exemple de l’argument climatique dans la relance de l’énergie nucléaire en Europe », papier qui devrait être prochainement disponible. Il m’a surtout permis de tester une fois de plus l’adéquation entre le concept de « trajectoire argumentative » développé par la balistique sociologique et les outils d’analyse temporelle fournis par Prospéro.

Image

(…)

(pour la version intégrale c’est ici)


1. Voir M. Angenot, Dialogues de sourds. Traité de rhétorique antilogique, Paris, Mille et une nuits, 2008
2. B. Williams, Vérité et véracité, Paris, Gallimard, 2006 – en anglais Truth and Thruthfulness. An essay in Genealogy (2002)
3. R. Rorty, Objectivisme, relativisme et vérité, Paris, P.U.F., 1994
4. Voir par exemple Susan Haack qui s’en prend aussi directement à Rorty dans Evidence and Inquiry. A pragmatist reconstruction of epistemology, Prometheus Books, 2009
5. Voir F. Chateauraynaud, « L’épreuve du tangible. expériences de l’enquête et surgissement de la preuve » , in Raisons pratiques, 2004
6. Voir par exemple : « Climate change : The Deniers. The Post’s series on scientists who buck the conventional wisdom on climate science », Canada.com, 290 juin 2007
7. Voir « Un système qui ne peut répondre au défi environnemental », entretien paru dans Le Monde du 30/10/10 à l’occasion de la sortie de l’ouvrage qu’il a publié avec K. Whiteside, Vers une démocratie écologique, Paris, Seuil, 2010.
(...)

(haut de page)

LES ESSENTIELS
réalisé par PixelsMill >