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« Climat : les raisons d’espérer »

La conférence de l’ONU sur le climat de 2015, à Paris, devra réussir là où Copenhague a échoué en 2009 : conclure un accord ambitieux contre le réchauffement. Les leçons d’un échec et les raisons d’espérer, selon Laurence Tubiana, ex-négociatrice de la délégation française et directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).


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Laurence Tubiana : « Climat : les raisons d’espérer »
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« CLIMAT : LES RAISONS D’ESPÉRER »


Laurence Tubiana (interview), Sciences et Avenir, vendredi 8 novembre 2013

La conférence de l’ONU sur le climat en 2015, que la communauté internationale prépare à partir de lundi à Varsovie, devra réussir là où Copenhague a échoué en 2009 : conclure un accord ambitieux contre le réchauffement. Les leçons d’un échec et les raisons d’espérer selon Laurence Tubiana, ex-négociatrice de la délégation française et directrice de l’Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).


Comment la France, qui accueillera la conférence en 2015 à Paris, devra-t-elle la préparer pour éviter les erreurs de Copenhague ?

L’échec de Copenhague a plusieurs composantes : l’héritage des négociations passées, c’est à dire un protocole de Kyoto instaurant une barrière entre les pays développés et les pays en développement, les premiers ayant une obligation d’agir et les autres ne devant pas y être soumis. Or, à Copenhague, la différence de traitement est devenue de plus en plus injustifiée tant les émissions et le développement économique de certains pays ont progressé, en particulier en Chine. En même temps, les pays émergents sont arrivés à Copenhague avec l’idée que rien ne doit changer et que leur statut de pays en développement devait être préservé. Ils n’étaient donc pas prêts à envisager des politiques sérieuses de réduction d’émissions de gaz à effet de serre. De ce point de vue les pays arriveront à Paris avec beaucoup plus de préparation.

Il y a eu aussi une mauvaise gestion de la négociation par le Danemark : la présidence danoise a négligé cette dimension politique, négociant un texte d’accord avec les pays développés avant de consulter les pays émergents et les pays en développement. C’était une recette assurée pour l’échec.

Le contexte économique et géopolitique mondial est-il plus favorable à la conclusion d’un accord en 2015 ?

Non, si on regarde le contexte européen, la peur de la crise économique, les espoirs placés dans les nouvelles ressources fossiles, gaz et huile de schiste, pétrole off shore à grande profondeur. Cela met la cause climatique en difficulté.

Mais d’autres éléments sont positifs : des secteurs de la nouvelle économie sobre en carbone s’organisent et se font entendre, presque tous les grands pays ont produit ou vont produire des scénarios de réduction des émissions, on connaît mieux le potentiel de réduction de chaque secteur et les coûts.

La perception des risques et des dommages du changement climatique s’est beaucoup accrue dans les grands pays. Tout cela ne remplace pas les engagements des États Nations mais montre que le contexte est plus favorable : des acteurs vont pousser leurs gouvernements et pas seulement les ONG et les scientifiques.

Un nouvel échec à parvenir à un accord digne de ce nom sonnerait cette fois-ci le glas du processus multilatéral de négociation ?

Tout dépendra de ce qui se passe dans les deux ans. L’échec de Copenhague n’a pas empêché le travail de se poursuivre car de fait des pays se sont mis en mouvement, d’autres n’ont pas accepté l’échec et ont continué à se battre. Et puis la lutte contre le changement climatique ne s’arrête pas à Paris mais c’est une étape très importante.

Propos recueillis par Claire Snegaroff

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